Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Algérie : Peut-on “secouer le mammouth” ? Chronique du 28/03/2011

Publié par The Algerian Speaker sur 28 Mars 2011, 08:39am

Catégories : #Les chroniques de Mustapha Hammouche

L’Algérie sera-elle concernée par l’enchaînement de révolutions qui secouent le Sud et l’Orient méditerranéens ?
Le sérail est formel : “L’Algérie n’est ni la Tunisie, ni l’égypte”, ni aucun autre des pays ébranlés par des soulèvements populaires. Les réactions induites par les évènements chez nos dirigeants démentent pourtant la sincérité de cette conviction. Le pouvoir distribue des augmentations de salaires, presque sans compter, alloue, en guise de solution au chômage des jeunes, des crédits à la création de microentreprises à des conditions quasi-nulles et fait un réel effort en matière de construction et de distribution de logements sociaux. Il renonce au respect de réglementations répressives, notamment en matière de commerce informel et de code de la route, dont il avait au préalable fait son cheval de bataille. On peut observer une volonté de dé-bureaucratisation des documents d’identité en cours, alors même que l’état, profitant de l’avènement du biométrique, devait multiplier les complications pour assainir, une fois pour toutes, les registres d’état-civil et de nationalité. Et maintenant, il retarde, à moins qu’il ne les abandonne, ses projets les plus emblématiques comme la grande mosquée d’Alger ou la raffinerie de Tiaret, et revient sur de tout récents textes, comme le décret sur le statut des Grandes écoles.
Et, pour ceux que les mesures d’urgence ne suffisent pas à calmer, il projette une révision constitutionnelle. Contexte oblige, elle est tacitement censée nous projeter, avant même que nous n’en demandions autant, dans la démocratie que réclament les peuples voisins.
Et, dans la périphérie, l’on se lève pour soutenir une “réforme” qu’on n’a pas vue : ce sera “sans doute”, comme dit Miloud Chorfi, un progrès, manière d’acheter “sans voir”, comme on dit dans le jeu de poker. Il y a tellement de strapontins solidaires avec le trône pour la simple raison que bien des sièges et bien des tabourets risquent de partir avec le départ du trône, le jour venu.
Dans un pays où le rapport au pouvoir se résume à un rapport à la rente, il n’y a pas de place aux projets, aux convictions, aux alternances, à … l’Histoire. Il n’y a qu’une démarche possible : comment parvenir au gisement et comment y rester ?
C’est pour cela que dans un pays où les luttes pour le pouvoir ont fait des centaines de milliers de victimes en un demi-siècle, on baigne encore dans un vide politique sidéral. Un vide qui fait croire, à chaque fois, que la question du changement se pose, que l’Algérie n’est toujours pas préparée à l’alternance. Pas d’alternance, faute d’alternative. C’est ainsi que se légitime l’inamovibilité de régimes pourtant eux-mêmes démunis de projets ?
Si ce n’est pas Bouteflika, qui alors, nous dit-on ? Mais le régime Bouteflika, est-ce un projet ? Une accumulation sédimentaire de discours où se superposent la démocratie et la théocratie, la rationalité et le populisme, le libéralisme et le protectionnisme, le républicanisme et le tribalisme, la modernité et l’archaïsme.
En face, toutes les tentatives politiques ont échoué après avoir cédé à la tentation rentière : certains échecs, même à gauche, sont historiques.
C’est cette relation socialisée à la rente qui fait que, peut-être, l’Algérie n’est pas comme les autres pays de sa sphère géoculturelle. Il faudra plus au peuple pour  “secouer le mammouth” !

(source libertédz)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents